Alors qu’il aurait fallu renforcer le rôle des régions, notamment dans les domaines du développement économique et de l’aménagement du territoire, cette réforme va les affaiblir en conduisant les différents territoires régionaux à s’opposer au lieu d’œuvrer en commun pour le fait régional qui était cher à Adrien Zeller. L'élection uninominal à un tour des conseillers territoriaux va favoriser les sortants et les grosses machines électorales comme celle du Président, l'UMP. Le renouvellement n'est donc qu'une chimère et le pluralisme politique dans la représentation des citoyens est mis à bas, même si une dose de proportionnelle est envisagée.
Le discours du Président, une attaque contre les premiers bénévoles de France : les élus sont en majorité non indemnisés !
Le discours de Nicolas Sarkozy hier matin était par ailleurs une attaque en règle contre les communes, départements et régions accusés de trop dépenser et d’avoir trop de personnel, qu’ils soient gérés par la gauche ou par la droite. Mais c’est le résultat du désengagement progressif de l’Etat et des délégations de compétences successives aux collectivités.
C’est une attaque qui est aussi irresponsable car les collectivités assurent 73% de l’investissement public en France et permettent ainsi à notre économie et à nos entreprises d’avoir de l’activité, donc de l’emploi. Elles sont bien gérées et ne participent qu’à hauteur de 10% à la dette publique, les 90% restant étant de la responsabilité de l’Etat. Le gouvernement, endetté comme jamais, ferait mieux de prendre exemple sur la gestion des collectivités plutôt que de leur faire un mauvais procès.
Par ailleurs, l’attaque populiste du Président de la République est purement et simplement scandaleuse. L’immense majorité des élus ne perçoit aucune indemnité, c'est le « premier club des bénévoles de France » dans les communes rurales notamment.
La quasi-totalité des employés de nos collectivités remplissent des activités liées aux services à la personne, dans les domaines de la propreté, de la petite enfance et de l’enfance, du sport, des espaces verts, de l’eau, du développement local…. Faire de ceux-ci les responsables de la désindustrialisation de la France et de la fuite des entreprises à l’étranger, comme l’a fait le Président de la République, est triste et inquiétant.
Une réforme qui va faire payer les plus modestes d’entre nous
En affaiblissant et en appauvrissant les collectivités locales, tant dans leurs finances que dans leurs relations leurs concitoyens, nous assistons en fait à une reprise en main du pouvoir central sur les collectivités. La plupart des élus, maires, sont sans doute aujourd’hui inquiets et déçus face à ces mauvais procès du Président de la République.
Le texte ne répond à aucun des objectifs de la mission Balladur qui était de simplifier et d’approfondir la décentralisation. Le citoyen ni gagnera rien en visibilité de l’action publique mais y perdra en termes de services et d’équipements.
Et que dire encore de la suppression de la Taxe professionnelle, faite dans l’improvisation la plus totale et qui se terminera sans doute par un alourdissement de la fiscalité des ménages.


